Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Stéphane Wasser

Stéphane Wasser

Le monde du VIN est passionnant, mes plus belles découvertes sont ici !!


Vieux millésimes d'Alsace à la Confrérie le 30 octobre 2010.

Publié par stephanew sur 31 Octobre 2010, 12:34pm

Catégories : #avec l'oenothèque Alsace

C’est dans le cadre du weekend prestige que l’œnothèque Alsace a organisé ce samedi 30 octobre 2010 une dégustation de vieux millésime à la Confrérie Saint Etienne. 12 cuvées réparties sur deux décennies, les années 70 et 60. L’idée de cette dégustation est de démontrer que les vins de notre région, s’ils sont bien nés et de grands terroirs peuvent passer les âges sans prendre une ride.

Les vins sont dégustés en aveugle avec comme seul information le millésime.

En introduction nous commençons par un vin du millésime 1992.


1-Pinot gris Holder 1992 – Henri Schoenheitz :

Un nez très mur, presque surmûri avec des senteurs de coing, de mirabelle puis de fruits rouges avec des touches médicinales voire de raisins secs. La bouche est ronde en attaque pour devenir plus fine en milieu de bouche. La profondeur est moyenne et la salinité discrète. Finale un peu courte avec une pointe de chaleur. BIEN+

 

Une bonne entrée en matière que cette cuvée pour démontrer que même dans un millésime difficile car pluvieux comme 92, l’on trouve encore aujourd’hui des vins issus de terroir granitique comme celui-ci, qui se tiennent bien et qui n’ont pas souffert des excès de pluie.

pinot gris holder 1992 schoenheitz 

2-Riesling de Turckheim 1979 A. Hurst :

Nez sur la noix avec des relents grillés, de céleri est de menthe sèche. La bouche est franche avec une acidité large et puissante avec de la mâche au milieu. L’ensemble est sec mais la finale un peu métallique fait perdre de l’intérêt à la cuvée. BIEN

 

3-Riesling Schnekelsbourg 1979 A.Hurst :

Nez plus complexe mais aussi réduit sur la pierre mouillée, la coquille d’huitre évoluant sur des notes fumées et épicées. La bouche présente une attaque droite avec un surcroit de profondeur et de minéralité. Un vin plus en dentelle et en finesse et surtout beaucoup plus long signant les grands terroirs. TRES BIEN 

 

L’idée de cette paire est de comparer sur un même millésime, bon pour ce cépage, deux vins provenant du même domaine. Le jeu étant de trouver le générique et le grand cru. Oui grand cru car le Schnekelsbourg n’est autre qu’une parcelle cadastrée intégrée aujourd’hui au grand cru Brand mais avec une proportion plus importante de calcaire.


Si le générique (vin # 1) est plus plaisant au nez c’est bien en bouche que l’on retrouve le grand cru. Le générique a bien vieilli mais le Schnekelsbourg c’est bonifié.

riesling hurst 1979 

4-Pinot gris Tokay 1977 Cave de Pfaffenheim :

Nez sur le foin, la paille le tout sous une fine couche de poussière. La bouche est grasse avec une acidité massive, mordante, stridente. Même s’il reste encore du vin, cette acidité est vraiment too much mais encore une fois, ce pinot gris de 77, année plus que moyenne, est encore debout et pourra faire effet à table. BIEN-

pinot gris 1977 Cave de Pfaffenheim 

5-Riesling Kirchberg 1976 Louis Sipp :

Nez précis, élégant, pur sur la fleur d’orangé et les agrumes. La bouche est superbe, l’on sent de suite la race du terroir avec une acidité profonde, longue, large qui prend toute la bouche sans épargner un millimètre de papille. Une amertume très fine vient prolonger cette sensation. Touche de noisette dans la longue finale. EXCEPTIONNEL.

riesling kirchberg 76 Louis Sipp 

On touche, avec ce Kirchberg de Ribeauvillé 1976, au GRAND vin de la région. Un véritable tour de force que ce vin frais et plein nervosité dans ce millésime caniculaire. Un vin qui fêtera ses 50 ans voire plus sans aucun problème. 

 

6-Gewurztraminer Mandelberg 1973 Preiss-Henny :

Nez sur les épices et le poivre blanc. Bouche grasse avec un beau volume sur des amers un peu trop en avant mais donnant de la structure au breuvage. Vin dense, sec plein de charme. TRES BIEN 

 

J’ai toujours une affection particulière pour les vins de ce millésime. Jamais des monstres de complexité mais toujours des vins fins, élégants et plaisants. Si vous cherchez aujourd’hui cette cuvée tournez vous vers la cuvée des Seigneurs de Ribeaupierre de la Maison Trimbach.

gewurztraminer mandelberg 1973 Preiss Henny 

7-Sylvaner Réserve 1971 Weinbach, Faller Frères :

Nez sur les champignons frais, le sous-bois avec des touches de pétrole et de cuir neuf.

L’attaque est ronde est l’acidité est en retrait. L’amertume est un peu oppressante et le vin est finalement assez simple. La bouteille dégustée sur l’autre table est un peu plus fraiche mais sans grand gain. BIEN-

sylvaner 1971 Weinbach 

Pas de miracle, grande année et petit terroir, même d’une grande maison, donnent un vin moyen même si ce sylvaner pourrait en remontrer à certain.

 

8-Riesling 1969 Ed. Rentz :

Nez très aromatique sur la noix de coco, les fruits rouges, le buis et le cassis. La bouche est très fraiche avec une bonne corpulence et une profondeur moyenne. Vin élégant. BIEN+

riesling 1969 Rentz 

9-Muscat Réserve Exceptionnelle 1967 Hugel :

Nez sur le buis, les fruits rouges, la cassis, la framboise finalement assez ressemblant au précédent mais avec un surplus de finesse et de définition. La bouche est fine avec une forte salinité. Droiture, pureté cristalline pour ce grand vin de terroir car derrière cette réserve exceptionnelle il faut sentir le grand cru Schoenenbourg, cette cuvée serait vendue aujourd’hui sous le nom de Jubilee. EXCEPTIONNEL.

muscat 1967 Hugel 

Un moment magique que ce Muscat 67 dont j’ai tant entendu parler et dont j’ai un exemplaire en cave. Le muscat a rapidement disparu des coteaux du Schoenenbourg chez les Hugel après ce 67 pour réapparaitre récemment. D’autres moments magiques en perspectives. 

 

10-Gewurztraminer Clos Gaensbronnel 1966 Hering :

Nez très floral à l’ouverture puis plus discret avec des touches fumées. La bouche est ronde mais stricte et bien structurée. Amertume et épices en milieu de bouche avec beaucoup de puissance. Finale très longue. EXCEPTIONNEL

gewurztraminer 1966 Clos Gaensbronnel 

11-Gewurztraminer cuvée Réservée 1964 Kuentz-Bas :

Nez discret, plutôt fruité. Bouche tendue, très saline avec un peu plus d’ampleur que le précédent mais moins de profondeur. Un vin plus large que profond. Puissance et rondeur avant une finale longue. TRES BIEN

gewurztraminer 1964 Kuentz-bas 

Deux superbes gewurztraminer sur deux grands millésimes des années 60 tous deux issus de grands terroirs classés aujourd’hui grand cru. Le Clos Gaensbronnel se trouvant sur le Kirchberg de Barr et la cuvée Réservée de Kuentz-Bas provenant du Pfersigberg.

 

12-Pinot 1963 Gisselbrecht :

Nez de sous-bois, avec des notes de noisette et de truffe. La bouche est fine, diluée simple mais encore plaisante. Un vin élancé, bien fait, mais pas un monstre de concentration provenant d’un des millésimes les plus mauvais de la décennie. Encore un tour de force. BIEN+

pinot 1963 Gisselbrecht 

13-Sylvaner Brand 1961 Cave coopérative de Turckheim :

Nez discret, élégant avec des relents herbacés sur le foin. La bouche est grasse, dense avec une profondeur moyenne mais une bouche structurée bien construite autour d’une belle et fine acidité. Finale longue. EXCEPTIONNEL

sylvaner Brand 1961 cave de Turckheim 

Deux « petits » cépages dans deux millésimes antagonistes. Un pinot 63 qui sort de je ne sais où, mais cette maison de négoce de Dambach la Ville est une habituée sur ce cépage. La dernière cuvée de la soirée résout la quadrature du cercle. Un cépage donné comme « de second rang », un grand millésime sur un grand terroir provenant d’une cave coopérative. Et bien le terroir arrive toujours à ses fins et après le Sylvaner 1952 d’Alsace Willm voici aujourd’hui celui de la cave de Turckheim. 

 

Un grand merci pour cette série prestigieuse qui démontre une fois de plus que les vins d’Alsace des grands terroirs peuvent se bonifier avec le temps en gardant la fraîcheur de leurs premiers jours. 

 

On retiendra aussi, qu’il ne faut pas hésiter à vinifier des sylvaners et des pinots blancs sur de grands terroirs si l’adéquation si prête car les résultats après 49 ans comme ce sylvaner sont hallucinants.

 

Stéphane

 

 

 

  

 

 

 

 

Commenter cet article

Patrick Böttcher 06/11/2010 08:47



Superbe CR pour une très belle dégustation que j'ai loupé de très peu.... J'aime beaucoup l'enseignement sur la garde des cépages dits "mineurs" comme le sylvaner sur la très longue garde. Même
souvenir aussi de ce Kirchberg 1976 !


Merci pour ceci !



stephanew 08/11/2010 06:27



Merci Patrick pour ta visite et ton commentaire. J'ai tâté les kirchberg 08 et 09 hier à la présentation des grands crus.....l'histoire continue....


stéphane



Archives

Articles récents