750 grammes
Tous nos blogs cuisine Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Après une série de Pinot gris de terroirs sur le grand millésime 2010 je me décide à réunir à nouveau la petite troupe, fusion des 2 clubs de dégustations autour d’une sélection de vins du millésime 2005.

 

2005, millésime du siècle à sa naissance qui depuis a été rejoint par les millésimes 2009, 2010, 2015 dans le panthéon bientôt trop petit pour les accueillir tous.

A chaque fois, la presse, les amateurs et vendeurs crient au génie de la nature pour nous vanter les vertus du nouveau millésime qu’il va falloir encaver en masse. Prêt de 12 ans après il était temps de faire le point sur cette merveilleuse année, pour confirmer ou affirmer que les millésimes en « 5 » ne se dévoilent jamais rapidement.

1945-1955-1975-1985-1995 étaient selon mes lectures ou constat des millésimes austères et d’une ouverture très lente. Alors comment se présente aujourd’hui ce fameux millésime 2005.

 

Toutes les bouteilles proviennent de ma cave sauf indication contraire. Cette dégustation permettra également de faire le point sur mon local de stockage qui ne répond pas au canon cistercien de la conservation.  

Quelques 2005 pour redécouvrir ce grand millésime

Alsace riesling clos Saint Ulrich 2005 Domaine Mittnacht-Klack

Nez vieux, confit pointe de menthol et d’eucalyptus avec le spectre d’un petit liège vite écarté par la présence d’un Nomacor dans le goulot. La bouche est fluide, riche mais sans la moindre accroche de terroir et un cruel manque de tension. Le domaine ne devait pas vraiment croire au grand millésime pour le traiter ainsi. Apogée dépassé. 12/20  

 

Alsace grand cru Sommerberg Riesling 2005 Domaine de L’Oriel

Nez très mur, orange confite avec de belles notes fumées. La bouche est aérienne, verticale puis souple suave et d’une élégance complétement folle. Un vin tout en dentelle, rudement plaisant et très apéritif. Ouvert, pourra se garder encore. 18/20

 

Alsace grand cru Altenberg de Bergbieten Riesling 2005 Domaine Etienne Loew

Nez fumé, austère sur la cendre froide, une touche de pétrole sur une maturité moins poussé que les deux précédents. La bouche est dense, droite, sèche et sapide voire même tannique mais avec une certaine profondeur et un caractère bien trempé par la force du terroir. Finale sur de grands amers. A garder. 17/20

 

Alsace grand cru Kastelberg Riesling 2005 Domaine des marronniers Guy Wach (Martial)

Nez coquillé, relent fumé, fruits jaunes tirant sur l’exotisme. La bouche est ample, facile, svelte, élancée avec des SR tout en restant élégant, à peine plus simple en finale, plus court certainement. A boire. 16,5/20

Quelques 2005 pour redécouvrir ce grand millésime

Alsace grand cru Furstentum Riesling 2005 Domaine Paul Blanck

Nez sérieux mais net sur l’abricot, la pêche, le miel, les fleurs sèche, le cuir. La bouche est ample sur une puissance sage qui ne se dévoile pas immédiatement puis enroule tranquillement le dégustateur dans un jus gras. La minéralité du terroir tapisse sagement la langue. Finale longue sur l’aromatique. A boire. 16/20  

 

Alsace grand cru Zinnkoepflé Riesling 2005 Agathe Bursin

Nez très parfumé, net sur les fruits jaunes sans plus de fun. La bouche est construite sur une grosse acidité qui traverse sans mal une structure riche et démonstratif, avenante et flatteuse. Les sucres sont encore marqués et vont certainement le rester mais l’ensemble est suffisamment dense pour plaire. Ouvert, pourra se garder encore. 17,5/20

 

Pessac-Léognan blanc 2005 Château Larrivet Haut-Brion

Nez grillé sur les herbes aromatiques, la vanille de la futaille et le thé. La bouche est généreuse, structuré avec un jus et des saveurs de résine. Un blanc puissant, viril avec du coffre et sans doute de l’alcool avant une finale sèche et serrée. A boire. 16/20

Quelques 2005 pour redécouvrir ce grand millésime

Bourgogne Côtes d’Auxerre Biaumont 2005 Domaine JH & G Goisot

Nez sur le café froid et l’oxydation. La bouche est grasse, compact sur une acidité pointue et mordante. Apogée dépassé ou mauvais bouchage. 10/20

 

Pouilly Fuissé En Carementrant 2005 Bret Brothers

Nez pas très expressif et finalement assez simple mais sans déviance. La bouche est très fraiche sur une structure droite pour cette cuvée que je croyais avec plus de joue. L’ensemble est tannique, dense sur une impression de sucre en milieu de bouche. Une fine oxydation complète le tableau les jours suivant. A boire. 16/20

 

Meursault 1er cru Charmes 2005 Domaine Buisson-Charles

Nez précis et très net, floral avec fond de menthol. La bouche est tendue, structure ferme sur un grain sublime et une minéralité grasse. Beaucoup de franchise dans ce vin. Ouvert, pourra se garder encore. 18/20

 

Bienvenue-Batard-Montrachet 2005 Domaine Carillon (Pierre)

Nez très élégant, sans excès de rien dans un registre floral. La bouche est d’une extrême finesse avec de la race, une structure millimétrée et un équilibre magistrale. Un grand cru qui a très bien passé les quelques années sous verre. Ouvert, pourra se garder encore. 19/20

Quelques 2005 pour redécouvrir ce grand millésime

Côteaux du Languedoc Montpeyroux 2005 Domaine D’Aupilhac (Guillaume)

Nez sauvage avec de la volatile et des senteurs d’hippodrome, des fruits noirs. La bouche est ample entre modernisme et rigueur donnant dans le vin excessif en tout. A garder.14/20

 

Moulis en Médoc 2005 Château Chasse-Spleen

Nez sur les fruits rouges gourmands, avec du soleil mais restant net et bien dessiné. La bouche est du même tonneau, cohérente sur la gourmandise, une matière pleine mais lisse, consensuelle qui semble manquer d’ambition. C’est bon mais on en veut plus. Ouvert, pourra se garder encore. 15/20

 

Margaux 2005 Château Rauzan-Gassies (Paul)

Nez pas très drôle avec du pied de tomate, du tabac. La bouche est sphérique avec des notes de sous-bois, des tannins secs et austères. A boire. 14/20

 

Moulin à vents 2005 Château des Jacques, Louis Jadot

Nez sur la réserve mais propre exprimant les fruits noirs. La bouche est suave, lisse mais élégante avec du gras dans cette matière riche mais sans lourdeur grâce à une densité rare, juteuse dans un ensemble résolument frais. A boire. 16/20

 

Chinon 2005 Domaine Philippe Alliet

Nez sur le poivron et la tomate. Manque l’aubergine et la courgette. La bouche est bancale, sauvage, limite verte mais restant toutefois fraiche et élancée. A boire. 13/20

 

Côtes du Rhône Cairanne l’Ebrescade 2005 Domaine Richaud

Nez extrêmement jeune, riche et plein de soleil sur les fruits noirs. La bouche est vivante, presque trop jeune encore, dans l’excès d’ampleur, d’alcool, de puissance mais le terroir est là pour contenir cette fougue et rendre le vin follement sexy. Ouvert, pourra se garder encore. 15/20

 

Pommard 1er cru Les Rugiens 2005 Domaine Joseph Voillot

Nez discret, austère aux premiers abords, des épices, quelques fruits. La bouche est fluide, droite, d’une grande densité dans la finesse sur des tannins aux antipodes du stéréotype de l’appellation. A garder. 17/20

 

Gevrey Chambertin 1er cru Les Cherbaudes 2005 Domaine Lucien Boillot

Nez très riche en fruits noirs, des épices comme du poivre noir. La bouche est gourmande, ample et grasse, charnue même pour ne pas dire sudiste mais bien centrée par la minéralité lourde et palpable de ce terroir. Ouvert, pourra se garder encore. 18/20  

Mise à part le Clos Saint Ulrich et le Biaumont de Goisot tous les vins sont aujourd’hui au rendez-vous.

Les Alsace sont ouverts, gourmand, parfois confits par le soleil mais les vins sont équilibrés avec des acidités denses et fines.

 

Les bourgognes blanches sont grandioses, racés avec des trames aromatiques fines et des matières généreuses. Le constat est sans doute moins évident en rouge avec un pommard sur la réserve et un Gevrey exubérant mais encore très jeune. Dans les deux cas une garde prolongé ne devrait pas les inquiéter. Le Moulin à vents est sans doute la surprise de la dégustation. Un vin complet avec de la mâche et du caractère, entre Nord et Sud.   

 

Plus au Sud, le bordeaux blanc et les rouges sont puissants avec des matières généreuses et malheureusement une pointe d’alcool pas très bien intégrée.  Les seuls représentants du Sud, Languedoc et Rhône, laissent penser que le temps n’aura pas d’emprise sur le profil des vins qui vont certainement garder ce côté massif, riche et puissant.

 

Voilà pour 2005, maintenant il faudra réfléchir à la prochaine……

 

Stéphane   

Tag(s) : #Indispensables pour ne pas mourir idiot, #Alsace grand cru Riesling, #Puligny Montrachet et Meursault

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :