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Je suis un fervent défenseur des terroirs, d’Alsace et d’ailleurs, mais un terroir sans cépage n’est qu’une terre, une pente, une orientation et j’associe sans complaisance un terroir à un cépage qui, avec l’Homme, va donner naissance à un vin.

La notion de terroir doit dans ce cas dominer le cépage, pour peu que l’association des deux soit une réussite et que le vigneron arrive contre toutes tendance et mode à l’exprimer au mieux.

Ainsi, un producteur chanceux aura 2 voire 3 grands terroirs avec souvent qu’un seul cépage de quoi proposer 3 grands vins de terroirs. Avec des terroirs granitiques et calcaire les profils vont être assez différents et compréhensible par beaucoup.

 

Sur un vin d’entrée de gamme dont l’expression de terroir n’est pas suffisante pour être revendiquée, il ne reste alors que les cépages pour ordonner les gouts. Et avec le cépage comme critère de classement il faut bien reconnaître que la chose se complique un peu et la carte devient vite mystérieuse pour le client.

 

Des cépages en file indienne classés de façon immuable, invariable et permanente du Nord au Sud de la région. Sylvaner, pinot blanc, muscat, riesling, pinot gris, gewurztraminer, du plus sec et léger au plus riche et structuré. Seul le pinot noir sera servi marginalement avant les blancs, avant le gewurztraminer voire en premier. Un classement sans âme et sans autre relief que le taux de sucre résiduel, en lien direct avec le prix de vente. Valoriser ainsi un pinot blanc ou un muscat n’est pas chose facile, beaucoup de travail pour finalement le vendre moins cher qu’un riesling pas forcement meilleur.           

 

Si le couple terroir/cépage peut faire sens car finalement unique au monde et bien localisé il faut sans doute, pour plus de clarté, simplifier l’offre dans l’entrée de gamme où la notion de terroir est absente.

 

Le Domaine Rieflé, avec les frères Thomas et Paul aux manettes, a récemment lancé une nouvelle série pour ordonner, simplifier et communiquer efficacement sur les vins d’entrée de gamme. Cette nouvelle série se nomme Ad Quadratum, elle renvoie à l’homme de Vitruve, au cercle dans un carré, à la notion de proportion, d’esthétisme.

 

Le principe d’esthétique architecturale « Ad Quadratum » inscrit le carré, symbole de la terre, de la matière et de la stabilité, dans le cercle, symbole du ciel, de l’espace et du temps. Les grands vins de la collection Ad Quadratum sont à l’image de ce principe. Construites à partir de la vigne, des quatre éléments primaires, de l’esprit et de la main du vigneron, vous goûterez aux différents profils gustatifs et aux matières des cuvées l’éclat, l’aplomb, l’arabesque et l’étoffe ici ou ailleurs, maintenant ou dans quelques années.

 

Quatre profils de vins sont proposés dans cette gamme, l’Eclat, l’Aplomb et l’Arabesque. La dernière expression est l’Etoffe (pinot noir) mais non présenté ce jour là.

 

Alsace l’Aplomb 2016 Domaine Rieflé (Typé Pinot)

Nez sur les fruits blancs nets, touche fumée. La bouche laisse transparaitre un petit élevage boisé. Belle présence sur un équilibre sec et sapide avec une bonne dose de croquant et de franchise. Belle harmonie d’ensemble.

 

Alsace L’éclat 2016 Domaine Rieflé (Typé Riesling)       

Nez encore discret, plutôt sur les agrumes. La bouche est sphérique, sèche sur une acidité fondue et nette mais finalement assez discrète et consensuelle pour qui veut découvrir ce type de profil.

 

Alsace l’Arabesque 2016 Domaine Rieflé (Typé Gewurztraminer)

Nez floral, ananas, petite note d’épices, plus traminer que gewurz. Bouche souple, petite sucrosité qui donne du relief, une acidité elle aussi souple mais une belle finale juteuse et minérale.

 

Cette structure permet de passer de 7 à 4 cuvées tout en communiquant clairement sur des profils aromatiques et structurels. Le message s’en trouve donc grandement simplifié.

Seul bémol à mes yeux, la structure actuelle du classement par cépages est connue de tous même si elle est imparfaite. Si demain chaque domaine se lance dans une nouvelle structure mais différemment organisée, le client risque de ne pas s’y retrouver. Mais l’initiative prise par les Rieflé est remarquable et audacieuse.

 

Pour finir, les étiquettes sont modernes sans peinture rupestre, champêtre ou naïve, sans église, cigogne ou autre villageoise. Moderne comme peuvent l’être les étiquettes Ibères, j’y trouve même des airs de Nieeport mais je revenais à peine de Lisbonne.    

 

Stéphane  

Ad Quadratum au Domaine Rieflé de Pfaffenheim
Tag(s) : #Visite chez le vigneron, #Alsace grand cru Riesling, #Divers Vins d'Alsace

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